Trois phrases qu'il faut prononcer pour draguer et se faire des amis: "Tu veux un truc?", "Je te rejoins dans les chiottes" et "T'inquiète, le videur c'est mon dealer". Des formules magiques qui ont toujours fonctionné. Tellement que la première fois que t'as couché avec une fille, à 14 ans, c'est elle qui te l'a appris le lendemain, au réveil.
Pas grave (quand on passe la ligne, rien n'est grave), puisque t'as eu ainsi des milliers d'amis que tu n'aurais jamais eus sans ça, des centaines de filles que jamais tu n'aurais osé aborder sans ça.
Pas grave, puisque tu étais un dandy destroy, un junky chic, le Lou Reed di VI° arrondissement remixé par le Pete Doherty de la night, et qu'elles étaient toutes folles de toi. Folles parce que, de retour des chiottes, justement, elles étaient soudain Nicole Ritchie ou Kate Moss, et que tous ensemble, vous emmerdiez la terre entière.
Vous êtes trop. Trop glam, trop rock, trop délire, trop quelqu'un...
Comme aujourd' hui tous ces rockers ou ces actrices aux profils trop lisses qui annoncent, via leurs conseillers en communication, qu'ils filent en rehab et qu'ils sont donc quelque part (au fond des narines sans doute) des bad boys et des bad girls torturés capables de jouer dans un film trop wild de Sean Penn. Image. succès. Relations. Effacement des tabous, des inhibitions, des barrières morales, économiques et sociales, tu avais, comme le premier sniffeur venu, trouvé cette recette miracle.
Tu t'es donc injecté tout ce que peut s'injecter (y compris de la vodka ou du Lexomil écrasé), tu as sniffé tout ce qui peut se sniffer (mélanger à des tonnes d'Aspegic ou de murs grattés dans les cages d'escalier), tu as fumé tout ce qui peut se fumer et bu tout ce qui peut se boire.
Dans chaque narine, tu as désormais des Jaguar et des Ferrari, dans tes veines courent des Boeing et tes poumons ont aspiré en quelques nuits ce que gagnent en quelques vies des familles entières.
>> MERDIQUE! LETS FUCK!